Comment reconnaitre un tableau ancien ?

Dans le domaine artistique, l’amour porté aux œuvres d’art ne dépend pas nécessairement de la connaissance ou de la compréhension de l’œuvre. On ne peut pas forcément saisir ce qu'un artiste voudrait bien nous transmettre par un tableau ancien de peinture, par exemple. Pourtant, nombreux sont ceux qui se passionnent pour ces œuvres d’art, et nombreuses aussi sont les raisons qui poussent les gens à les aimer. Certains même n’hésitent pas à considérer les tableaux anciens comme de véritables objets d’investissement. Après tout, l’art s’est toujours révélé comme une autre forme de placement financier, une alternative aux différentes formes d’investissements physiques usuelles telles que l’immobilier, les métaux précieux et les pierres précieuses.

Si depuis longtemps le marché de l’art, vieux de plus de 1 000 ans, était réservé aux plus riches, il s’est incroyablement démocratisé ces dernières années grâce à la dématérialisation de l’information et la financiarisation. À près de 500 000 collectionneurs dans l'après-guerre, les consommateurs d'art sont aujourd’hui plus de 70 millions sur tous les continents. Si pour les personnes ordinaires, l’appréciation d’une œuvre d’art, notamment d’un tableau ancien, est indépendante de sa compréhension, de son historique, de son origine ou de l’artiste peintre qui l’a créé, pour un passionné, un collectionneur ou meilleur encore un expert, tous ces éléments peuvent être pris en compte pour l’évaluation et l’estimation. Mais comment reconnaitre un tableau ancien ? Dans cet article, nous allons alors essayer de vous apporter l’essentiel de tout ce que vous devrez savoir pour reconnaitre un tableau ancien.

On dit que l'art n'a pas de prix, mais les œuvres d'art, notamment les peintures et particulièrement les tableaux anciens, constituent aujourd'hui l'un des investissements financiers les plus dynamiques et rentables ! Concrètement, que ce soit aux enchères, auprès d’une maison de vente, une galerie ou en ligne, tous les moyens sont bons pour s’acquérir ces œuvres.  Toutefois, si ce marché présente, en apparence, un risque limité, il faut néanmoins être prudent, car ce monde peu connu a ses propres règles qu’il est utile de connaître et de maîtriser, notamment lorsqu’il est question de reconnaitre un tableau ancien, un tableau de valeur. En effet, à l’achat ou à la vente d’une peinture ancienne, se pose toujours la question de son authenticité et de sa valeur. Depuis belle lurette, on constate la vente de copies de tableaux. Les imitateurs utilisent différentes techniques pour arnaquer les amateurs d’art en leur cédant de pâles copies d’œuvres uniques. Au vu du grand nombre de copies, il est impossible de se faire une idée de la valeur d’un tableau sans disposer de quelques connaissances de base.

 

Les marques du temps sur le support sont des indices déterminants

Avant tout, le support est l’élément le plus déterminant dans l’expertise d’un tableau ancien. Comme pour toute chose, il est évident que les traces laissées par le temps peuvent s’apercevoir, même si c’est minime. Les tableaux anciens sont essentiellement peints à l’huile, avec plusieurs couches de peinture superposées et d’un vernis. Ils ont également comme support le bois et la toile. Le vieillissement de ces éléments peut être pris en compte, comme le vernis qui a tendance à jaunir, voire à moisir.

Le bois possède une grande longévité, mais le temps le dessèche et le déforme, ce qui peut accidenter la couche picturale. Le panneau peut se fendre avec le temps, présenter une couleur patinée ou des traces d’attaque d’insectes. Quant à la toile, le passage du temps peut la distendre, voire la casser. Cela engendre des craquelures et éventuellement des décollements de la couche picturale. Le tissage de la toile permet aussi d’appréhender son ancienneté.

Suivant les époques, on peut généralement distinguer les caractéristiques suivantes en ce qui concerne le support de la couche picturale d’un tableau ancien :

  • Au XVIIe siècle le support est essentiellement en bois en chêne, ou encore en panneau de cuivre, ce dernier a été largement utilisé par les peintres flamands. À cette époque, la trame de la toile est encore grossière, c’est à partir du XVIIIe siècle qu’elle est plus ou moins régulière ;
  • Au XIXe siècle on commence à utiliser l’acajou ou le peuplier pour le support. Certains peintres ont également peint sur d’autres supports comme le carton, la céramique… Pour  ce qui est des toiles, elles sont désormais plus fines et très régulières.

Les tableaux anciens sur bois ou sur toile présentent des craquelures différentes suivant leur âge. La forme de ces craquelures permet d’estimer approximativement l’époque de fabrication d’une œuvre. Une peinture à l’huile met environ 100 ans pour sécher, ce n’est donc qu’après cette période que la couche picturale craquelle en fonction des variations de température et d’hygrométrie du support et des vernis employés. L’étude des craquelures est donc l’un des facteurs déterminants pour reconnaitre un tableau ancien.

La face d'un tableau est bien entendu de première importance. Une signature sur un tableau ancien peut permettre de l’authentifier. Une base de données de signatures d’artistes peut, en ce sens, vous être utile pour comparer votre signature avec celles de peintures anciennes authentifiées avec certitude. Mais gardez à l'esprit que le dos d'un tableau peut également révéler des secrets insoupçonnés, notamment lorsqu’il s’agit d’un véritable tableau ancien. Le dos du tableau qui pourrait donner des informations sur l’artiste ou sa date d’exécution. De nombreux artistes écrivent en effet le titre, le lieu ou un numéro de série au dos du tableau. Comme précédemment dit un peu haut, la plupart des tableaux sont réalisés sur des toiles blanches ou blanc cassé, qui s’altèrent avec le temps. Plus l’œuvre est ancienne, plus le dos de la toile aura jauni. On peut également chercher des étiquettes de fournisseurs sur le cadre ou le dos du tableau. Cela peut aider à déterminer où et quand l’artiste a acheté son matériel et donc aussi la date du tableau.

 

Et s’il s’agissait d’un tableau ancien restauré ? Et qu’en est-il des reproductions ?

La plupart du temps, on pense à la restauration de tableaux anciens ; mais pas uniquement. Les peintures contemporaines du XXe et même du XXIe siècle sont également sujettes à restauration. Pour des tableaux anciens, les repeints, c'est-à-dire les retouches effectuées par un restaurateur, sont fréquentes et n'affectent pas la valeur de l'œuvre si elles sont mineures. La loi considère en effet qu'une œuvre est authentique si les deux tiers de la surface ne sont pas repeints. Si les retouches représentent 50 % de la toile, il ne s'agit plus d'une œuvre d'époque et elle perd de sa valeur. 

En ce sens, seul un vrai professionnel peut procéder à une restauration d’un tableau ancien. Le professionnel bénéficie de multiples savoir-faire et savoir-être, et une expérience. Ceux-ci lui permettent de restaurer ce qui parfois n’apparaît pas immédiatement à l’œil du profane, ou semble définitivement compromis, et ainsi de sauvegarder l’œuvre si chère à son possesseur.

Pour ce qui est des reproductions de tableau ancien, elles n’ont rien d’illégal, si et seulement si elles sont présentées comme telles, en tant que reproductions donc. On parle alors de faux lorsqu’il s’agit de toiles reproduites et présentées comme étant des œuvres originales, ce qui est puni par la Loi. On distingue les reproductions manuelles qui sont copiées à la main, dans le style de l’œuvre originale, des reproductions mécaniques qui, elles, sont tout simplement des copies numériques et imprimées de l’œuvre.

Lorsqu’il s’agit d’une reproduction mécanique, il est généralement facile d’identifier l’authenticité. Ils sont souvent réalisés à la chaîne, selon un procédé d’impression classique, sur lequel on appose un revêtement brillant qui va donner un aspect brillant pour simuler le réalisme de la peinture. Pour les reproductions manuelles, ce n’est pas toujours aussi évident. Certaines techniques de peinture peuvent prêter à confusion et réellement donner l’illusion d’une œuvre originale, à un tableau ancien.

 

L’idéal reste toujours de vous adresser à un véritable  expert pour reconnaitre un tableau ancien !

Vous l’aurez compris, plusieurs éléments sont à prendre en compte pour reconnaitre un tableau ancien, et le faire comme il se doit n’est pas à la portée de n’importe qui !  Recourir à un expert reste la meilleure solution pour authentifier un tableau ancien. Certes, une signature peut être une preuve de l’authenticité d’un œuvre ancien, mais elle peut aussi être fausse.

Grâce à ses compétences et son expérience sur le marché de l’art, l’expert pourra donc vous aider à distinguer une vraie toile d’une simple copie, et même d’apprécier les qualités de tous les travaux de restauration effectués sur le tableau. À partir de tous ces éléments précités, mais aussi en s’appuyant sur d’autres éléments techniques et artistiques, et en prenant en compte la situation du marché de l’Art, les experts d’Antheor Paris sont, par exemple, capables de vous fournir, avec justesse, toutes les informations dont vous aurez besoin pour un tableau ancien soumis à leur expertise.

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